Butineuses sacrées
Lorsque l’on évoque les hyménoptères pollinisateurs, c’est souvent Apis mellifera, la célèbre abeille domestique, qui vient immédiatement à l’esprit. Pourtant, elle n’est qu’une espèce parmi des milliers d’autres. Dans nos prairies, nos jardins et nos espaces naturels vit une incroyable diversité d’hyménoptères sauvages, dont beaucoup demeurent méconnus malgré leur rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes.
Certains sont étroitement liés à quelques plantes, comme Eucera longicornis, qui récolte essentiellement le pollen des Fabacées.
D’autres dépendent directement d’autres espèces d’abeilles, comme Coelioxys afra. Cleptoparasite, notamment de Megachile leachella, elle ne peut se maintenir sans ses espèces hôtes.
Aucune espèce n’existe véritablement seule. Chacune s’inscrit dans un tissu de liens avec d’autres êtres vivants. Protéger une espèce implique donc de préserver le monde dont elle dépend.
Voici quelques-unes de ces butineuses sacrées, rencontrées essentiellement dans mon jardin, où je choisis d’intervenir le moins possible pour laisser au vivant le temps et l’espace de suivre ses propres cycles.
À la tombée du jour, les mâles de certaines espèces s’agrippent à une tige pour y passer la nuit. C’est ainsi que je photographie la plupart d’entre eux, minuscules dormeurs que je retrouve aux mêmes endroits, d’une nuit à l’autre et, étonnamment, d’une année à l’autre.